top of page

Peut-on faire un testament sous tutelle?

  • Photo du rédacteur: Coralie Daven
    Coralie Daven
  • 20 juil.
  • 2 min de lecture

Beaucoup de familles pensent qu’une personne placée sous tutelle ne peut plus rédiger de testament.

La réalité est plus nuancée.

Le droit français cherche en réalité à concilier deux objectifs :

  • protéger les personnes vulnérables,

  • tout en respectant autant que possible leur volonté personnelle.

Et le testament fait justement partie des actes les plus personnels qui existent.



Le testament reste un acte strictement personnel


Depuis la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs, le Code civil protège le caractère profondément personnel du testament.


L’article 476 du Code civil prévoit ainsi que : le tuteur ne peut ni assister ni représenter la personne protégée pour rédiger un testament.


Autrement dit :

  • le testament doit venir de la seule volonté du majeur protégé,

  • il ne peut pas être rédigé par un proche,

  • ni dicté par le tuteur,

  • ni signé à sa place.


Cette règle est essentielle car le testament touche directement :

  • à la liberté individuelle,

  • aux choix affectifs,

  • et à la transmission du patrimoine après le décès.


Une autorisation du juge est obligatoire


Même si la personne sous tutelle conserve la possibilité de tester, elle ne peut pas le faire librement.

Avant toute rédaction de testament, une autorisation du juge des contentieux de la protection (ancien juge des tutelles) est nécessaire.

À défaut : le testament encourt la nullité.


Le juge va notamment vérifier :

  • que la personne comprend la portée de ses décisions,

  • qu’elle agit librement,

  • et qu’elle n’est pas victime d’influences ou de pressions.


Le tuteur ne peut pas intervenir dans le contenu du testament


C’est un point souvent mal compris.

Même avec l’autorisation du juge :

  • le tuteur ne choisit pas les héritiers,

  • ne rédige pas les clauses,

  • et ne décide pas à la place de la personne protégée.

La volonté doit rester strictement personnelle.

Le rôle du juge est justement de s’assurer que cette volonté existe réellement.


Et si aucun testament n’est rédigé ?


En l’absence de testament, la succession sera réglée selon les règles classiques du Code civil.

Le patrimoine sera alors transmis :

  • au conjoint survivant,

  • aux enfants,

  • aux parents,

  • ou aux autres héritiers légaux selon l’ordre successoral prévu par la loi.


Le Code civil applique ici un principe fondamental : les héritiers les plus proches excluent les plus éloignés.

Par exemple :

  • les enfants excluent les frères et sœurs,

  • les parents plus proches priment sur les cousins éloignés.

Ces règles sont prévues notamment aux articles 721 et suivants du Code civil.


Pourquoi cette protection existe-t-elle ?


Le législateur a cherché à trouver un équilibre délicat.

D’un côté :

  • préserver l’autonomie de la personne vulnérable,

  • respecter ses souhaits personnels,

  • lui permettre d’organiser sa succession.


De l’autre :

  • éviter les abus,

  • les manipulations,

  • ou les captations d’héritage.

Car les situations de vulnérabilité peuvent malheureusement favoriser certaines pressions familiales ou financières.


Ce qu’il faut retenir


Une personne placée sous tutelle peut donc rédiger un testament.

Mais plusieurs conditions sont indispensables :

  • elle doit être capable d’exprimer personnellement sa volonté,

  • le tuteur ne peut ni l’assister ni la représenter,

  • et l’autorisation préalable du juge est obligatoire.

À défaut, le testament pourra être annulé.

En matière successorale, l’anticipation reste essentielle, particulièrement lorsque la vulnérabilité apparaît progressivement avec l’âge ou la maladie.

Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page