L’enfant mineur et le droit de la famille : Mariage, adoption et filiation
- Coralie Daven

- 23 déc. 2025
- 3 min de lecture

Le droit de la famille encadre de nombreuses situations impliquant les enfants mineurs, notamment en matière de mariage, d’adoption et de filiation.
Ces situations particulières nécessitent souvent des démarches administratives et juridiques spécifiques pour garantir l’intérêt supérieur de l’enfant.
Voici un tour d’horizon des règles applicables en 2025 concernant les mineurs dans ces contextes familiaux.
1. Le mariage d’un mineur : Une exception encadrée par la loi
En France, l'âge légal pour se marier est fixé à 18 ans. Toutefois, il existe des exceptions permettant à un mineur de se marier sous certaines conditions strictes :
Conditions nécessaires pour le mariage d’un mineur :
Autorisation parentale obligatoire : Les parents ou tuteurs légaux doivent donner leur consentement écrit.
Dispense du procureur de la République : En plus de l’accord des parents, le mineur doit obtenir une dispense accordée par le procureur de la République pour motifs graves.
Raison légitime : Les dispenses sont accordées exceptionnellement, par exemple en cas de grossesse ou de situations particulières justifiant le mariage.
Conséquences juridiques du mariage pour un mineur :
Le mineur devient émancipé de plein droit, ce qui signifie qu'il acquiert la capacité juridique pour réaliser des actes de la vie civile sans autorisation parentale.
Le mariage du mineur entraîne l'extinction de l'autorité parentale sur l'enfant marié, sauf en cas de divorce ou de séparation avant sa majorité.
2. L’adoption d’un enfant mineur : Les différentes formes d’adoption
L’adoption permet à un enfant mineur d’intégrer légalement une nouvelle famille. En France, il existe deux types d’adoption : l’adoption plénière et l’adoption simple.
Adoption plénière : Création d’un nouveau lien de filiation :
Conditions : L’enfant doit avoir moins de 15 ans (sauf exception) et être recueilli par l'adoptant depuis au moins 6 mois.
Effets juridiques : L’adoption plénière rompt tout lien juridique avec la famille biologique. L’enfant prend le nom de l'adoptant et bénéficie des mêmes droits qu’un enfant biologique.
Adoption simple : Maintien des liens avec la famille d’origine :
Conditions : L’enfant peut être adopté même s’il a plus de 15 ans.
Effets juridiques : Contrairement à l’adoption plénière, l’adoption simple permet de conserver un lien juridique avec la famille biologique tout en créant un nouveau lien de filiation avec la famille adoptive.
Conséquences fiscales et successorales : L'enfant adopté de façon simple conserve ses droits successoraux dans sa famille d'origine.
Procédure d’adoption :
Dépôt d’une demande d’agrément auprès des services départementaux pour les adoptants.
Examen du projet par une équipe pluridisciplinaire (travailleur social, psychologue).
Décision judiciaire par le tribunal judiciaire, après avis du procureur de la République.
3. La filiation d’un enfant mineur : Droits et démarches
La filiation établit le lien juridique entre un enfant et ses parents. Ce lien peut être établi de plusieurs manières : par filiation biologique, reconnaissance volontaire, jugement ou adoption.
Reconnaissance volontaire :
Pour les couples non mariés, la reconnaissance peut être faite par le père avant ou après la naissance, en mairie ou chez un notaire.
Cette démarche est essentielle pour que le père puisse exercer l’autorité parentale sur l’enfant.
Recherche ou contestation de filiation :
Un enfant mineur, ou ses représentants légaux, peut engager une procédure pour établir ou contester une filiation.
Ces démarches se font par voie judiciaire, avec l’aide d’un avocat, notamment pour réaliser des tests ADN ou apporter des preuves de filiation.
Conséquences juridiques de la filiation :
La filiation donne droit à des obligations alimentaires, des droits successoraux et un accès à l'autorité parentale.
En cas de contestation, la justice veille toujours à l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment en matière de garde, de visite ou de pension alimentaire.
Conclusion : Protéger l’intérêt supérieur de l’enfant dans toutes les démarches familiales
Le mariage, l’adoption et la filiation impliquent des démarches juridiques précises lorsqu’il s’agit d’un enfant mineur. En 2025, ces procédures restent rigoureusement encadrées pour garantir la protection et le bien-être des enfants concernés.
Avant d’engager une telle démarche, il est fortement recommandé de se rapprocher d’un professionnel du droit de la famille pour être accompagné et veiller à ce que toutes les décisions respectent l’intérêt supérieur de l’enfant.



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