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Bail mobilité : durée, dépôt de garantie et conditions à connaître

Photo du rédacteur: Coralie Daven
Coralie Daven
27 oct.
4 min de lecture

Créé pour répondre aux besoins de personnes ayant vocation à occuper temporairement un logement, le bail mobilité se distingue sensiblement du bail meublé classique.

Sa durée est limitée, il est réservé à certaines catégories de locataires et offre une souplesse particulière pour quitter le logement. Mais l’une de ses caractéristiques les plus importantes est parfois méconnue : le bailleur ne peut exiger aucun dépôt de garantie.

Ce régime spécifique suppose donc de vérifier plusieurs conditions avant de choisir ce type de contrat.



À qui peut-on proposer un bail mobilité ?


Le bail mobilité ne peut pas être conclu avec n’importe quel locataire.

À la date de prise d’effet du bail, celui-ci doit pouvoir justifier être dans l’une des situations prévues par la loi :

  • formation professionnelle ;

  • études supérieures ;

  • contrat d’apprentissage ;

  • stage ;

  • engagement volontaire dans le cadre d’un service civique ;

  • mutation professionnelle ;

  • mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle.


Le logement doit par ailleurs être meublé au sens de la loi du 6 juillet 1989.

Le simple souhait du propriétaire et du locataire de conclure un contrat pour quelques mois ne suffit donc pas à transformer une location meublée en bail mobilité.


Quelle est la durée d’un bail mobilité ?


En principe, le bail mobilité est conclu pour une durée comprise entre un et dix mois.

Il est non renouvelable et non reconductible.

Sa durée peut être modifiée une fois par avenant, à condition que la durée totale du contrat ne dépasse pas dix mois. Si, à son terme, bailleur et locataire souhaitent poursuivre la location du même logement meublé, le nouveau contrat relève alors du régime du bail meublé de droit commun.


Une exception depuis novembre 2025

La loi prévoit désormais un régime particulier lorsque le logement fait partie d’une résidence à vocation d’emploi au sens du Code de la construction et de l’habitation.

Dans cette hypothèse, le bail mobilité peut être conclu pour une durée allant d’une semaine à dix-huit mois.

Cette exception est importante : présenter aujourd’hui tous les baux mobilité comme étant nécessairement limités à dix mois serait donc devenu inexact.


Aucun dépôt de garantie ne peut être demandé


C’est l’une des différences les plus nettes avec le bail meublé classique.


L’article 25-17 de la loi du 6 juillet 1989 est particulièrement clair :

aucun dépôt de garantie ne peut être exigé par le bailleur dans le cadre d’un bail mobilité.

Il ne s’agit donc pas d’un plafond fixé à un mois de loyer ou d’un montant susceptible d’être librement négocié.


Le montant maximal est tout simplement de zéro euro.


Une clause prévoyant, par exemple, le versement de 1 500 euros à titre de dépôt de garantie dans un contrat présenté comme un bail mobilité est donc contraire au régime légal applicable.

Cette règle ne doit cependant pas être confondue avec la possibilité d’obtenir une garantie contre les impayés.


Dépôt de garantie et caution : deux notions différentes


Le dépôt de garantie correspond à une somme versée par le locataire au bailleur au début de la location et destinée notamment à garantir l’exécution de ses obligations.

La caution répond à une autre logique : un tiers garantit, dans les conditions du cautionnement, certaines obligations du locataire.

L’interdiction du dépôt de garantie dans le bail mobilité ne signifie donc pas que le propriétaire doit louer sans aucune possibilité de garantie.

Le recours au dispositif Visale, proposé par Action Logement, peut notamment être envisagé lorsque les conditions d’éligibilité sont remplies. Visale fonctionne comme une caution et ne constitue pas un dépôt de garantie.


Cette distinction est essentielle : le bailleur ne peut pas contourner l’interdiction légale du dépôt de garantie en donnant simplement un autre nom à une somme qui serait, en réalité, destinée à remplir la même fonction.


Le locataire peut partir à tout moment avec un mois de préavis


Le bail mobilité présente également une particularité concernant sa résiliation.

Même lorsque le contrat a été conclu pour plusieurs mois, le locataire n’est pas obligé d’attendre son terme.

Il peut donner congé à tout moment, à condition de respecter un délai de préavis d’un mois.

Le congé doit être délivré selon l’une des formes prévues par la loi : lettre recommandée avec demande d’avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé ou émargement.


Le locataire reste en principe redevable du loyer et des charges pendant la période de préavis, sauf si un autre locataire occupe le logement avant son terme avec l’accord du bailleur.

Cette faculté de départ contribue à la logique même du bail mobilité : permettre une occupation temporaire tout en conservant une certaine souplesse.


Les charges obéissent également à un régime particulier


Autre particularité : les charges locatives sont récupérées sous la forme d’un forfait versé avec le loyer.

Ce forfait ne peut donner lieu à une régularisation ultérieure et son montant ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges effectivement supportées par le propriétaire.

Le bail mobilité ne consiste donc pas simplement en un bail meublé classique dont on aurait raccourci la durée.

Il possède son propre régime juridique.


Pourquoi faut-il être attentif à la qualification du contrat ?


Un contrat intitulé « bail mobilité » ne relève pas automatiquement de ce régime.

Il faut encore que ses conditions correspondent à celles prévues par la loi.

Ainsi, un contrat présenté comme un bail mobilité mais conclu avec un locataire ne répondant à aucune des situations requises, prévoyant une durée incompatible avec le régime légal ou exigeant un dépôt de garantie doit attirer l’attention.

Pour le propriétaire comme pour le locataire, la qualification du bail détermine directement les règles applicables pendant toute la location.


À retenir

Le bail mobilité repose sur quelques caractéristiques fortes :

un logement meublé, un locataire appartenant à l’une des catégories prévues par la loi, une durée en principe comprise entre un et dix mois et aucun dépôt de garantie.


Le locataire conserve par ailleurs la possibilité de quitter le logement à tout moment en respectant un préavis d’un mois. Depuis novembre 2025, il faut toutefois ajouter une exception : certains logements situés dans une résidence à vocation d’emploi peuvent faire l’objet d’un bail mobilité allant d’une semaine à dix-huit mois.


Avant de signer un contrat de courte durée, il ne suffit donc pas de regarder son intitulé.

Ce sont ses conditions et son contenu qui permettent de déterminer s’il s’agit véritablement d’un bail mobilité.


Références : articles 25-12 à 25-18 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

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